Une centaine de personnes participaient au café des sciences animé par le professeur Robert Bellé, jeudi 10 Avril au café « Les Embruns » à Térénez en Plougasnou. Le conférencier Alain Menesguen, directeur de recherches au « Département dynamiques de l’environnement côtier » du laboratoire d’écologie benthique de l’IFREMER à Brest a captivé son auditoire sur le thème des marées vertes.
Depuis 35 ans, un nombre croissant de plages et d'anses de la côte bretonne sont envahies du printemps à l'automne par une prolifération de macroalgues vertes (ulves libres, entéromorphes fixées). Ce cas typique d’ enrichissement excessif ou eutrophisation, étudié en baies de Saint-Brieuc, de Lannion, de Douarnenez et en Rade de Brest, a pu être expliqué par la conjonction d'un confinement naturel de masses d'eau peu profondes et d'un enrichissement récent de ces dernières en nitrate. Dans les sites naturellement confinés, les mesures de biomasse estivale sur le terrain ont montré une bonne corrélation avec les apports printaniers et estivaux de nitrate par les rivières. Par exemple, alors que l'année sèche 2003 fut peu favorable aux marées vertes, 2007 a montré une recrudescence exceptionnelle des marées vertes en automne en raison des pluies fréquentes durant l'été. Les modèles mathématiques de l’Ifremer montrent que la seule manière de diminuer la biomasse d’ulves sur les plages est de réduire les apports de nitrate d'origine agricole. Dans les sites les plus sensibles, il faudrait pour cela ramener la concentration en nitrate dans les rivières de 30 mg/L à moins de 10 mg/L, ce qui constitue un véritable défi pour la société. Il y a un siècle, cette concentration ne devait pas dépasser 3 ou 4 mg/L.